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Préménopause et ménopause
Décryptage
Epanouissement sexuel, Conseils, Solutions
17/10/2023
La ménopause est fréquemment associée à une baisse de libido, voire la fin de la vie sexuelle. Pourtant, il n’en est rien. La chute des œstrogènes chez la femme n’a aucun impact sur son désir. Mais il se peut que cela impacte tout de même son confort intime et sa vie intime…
Marie-Line a 50 ans. Elle est en plein dans ce que l’on appelle « la préménopause ». Cela ne fait pas encore un an qu’elle n’a plus ses règles mais elle en ressent déjà de nombreux signes. Douleurs aux seins, irritabilité, intensité émotionnelle, sueurs nocturnes, sommeil perturbé, trouble dans la manière de raisonner, difficulté à s’exprimer clairement… « Je coche toutes les cases » annonce-t-elle.
Ça lui a pris du temps avant de comprendre ce qu’il se passait en elle, de comprendre qu’elle ne devenait pas folle et que tous ces changements n’étaient pas le fruit de son imagination mais bien ceux de la préménopause. Elle a donc connu une période très déstabilisante pendant laquelle elle ne se reconnaissait pas et pendant laquelle son désir s’est envolé. « J’ai connu une baisse de l’appétence sexuelle. Ce n’était pas facile à vivre. » dévoile-t-elle.
Marie-Line n’est pas un cas unique. A la préménopause, de nombreuses femmes sont trop occupées à comprendre ce qui leur arrive, à gérer les bouffées de chaleur, à mettre en place de nouvelles stratégies ou habitudes alimentaires, un nouveau rythme, à lutter contre un sommeil anarchique et très souvent une grande fatigue que leur vie intime passe souvent au second plan. « Au tout début, quand j’étais ménopausée, j’étais très sèche, aussi on n’a pas spécialement envie, on a quand même ce changement de métabolisme. À la limite, on a plus envie d’être tranquille parce qu’on a tous ces trucs de changements, d’énervements, et mon mari l’a compris », raconte Monique, 57 ans et ménopausée, dans des propos rapportés par la sociologue Cécile Charlap, pour sa thèse La fabrique de la ménopause – genre, apprentissage et trajectoires.
Parmi tous les changements que la femme peut connaitre au moment de la ménopause, les sécheresses vulvovaginales sont en effet fréquentes. Les tissus de la vulve et du vagin ont besoin d‘œstrogènes pour rester souples et humides et pour se lubrifier au moment des rapports sexuels. Et en période de préménopause, ce sont ces hormones-là qui chutent.
Alors ça tire, ça brule, ça fait mal. Et forcément quand ça fait mal, on n’a pas envie.
« Si la femme vit un inconfort lors des rapports, elle n’a pas envie d’y retourner, elle appréhende, elle évite les rapports, elle les redoute. » détaille le Dr Catherine Azoulay, gynécologue.
Il existe des solutions pour remédier à ça nous explique Céline Vendé, sexologue : « Au niveau local, on peut compenser avec un apport externe. Comme on s’hydraterait la peau du corps ou du visage, on peut s’hydrater les parties intimes avec notamment des crèmes à base d’acide hyaluronique ou de vitamine E que l’on trouve en pharmacie sans ordonnance, avec des compositions les plus sécuritaires possibles. On évite donc les produits chimiques du type composants synthétiques et les perturbateurs endocriniens comme les parabènes. » Ces crèmes apaisent et réparent. Il est aussi possible d’utiliser un lubrifiant à base d’eau ponctuellement au moment des rapports.
Pour l’hydratation, on retrouve des crèmes et sprays. Citons : A. VEA Spray. B. DEUMAVAN Intim Neutral. C. POMMADE LHF
Pour les lubrifiants à base d’eau, citons : A. MY LUBIE. B. LE BON MOJO.
Mais le lubrifiant ne règle pas tout. La préménopause se vit aussi dans la tête… et dans le couple. « Le partenaire a un rôle à jouer : être un soutien. S’il s’en fiche complètement ou qu’il devient critique ou bien si lui-même n’est pas au top, ça ne pousse pas la femme vers du bien-être. Mais ça, c’est valable tout le temps, pour toutes les épreuves de la vie. », explique le Dr Catherine Azoulay.
C’est là-dessus que Marie-Line a misé pour que son couple tienne le coup. Sur ça et sur la communication. « J’ai orienté mon conjoint vers de l’information sur la ménopause. Je lui ai dit « j’ai tel âge, je repère ça ça et ça, va voir les études qui ont été menées là-dessus et en revenant il m’a dit “ah oui, ok tu coches beaucoup de cases”. » se souvient-elle. Depuis, ils ont mis en place des stratégies : « En parler a permis à mon conjoint de le vivre autrement, de gérer sa pulsion sexuelle autrement et de respecter que de mon côté c’était non. Et ça, sans que l’on remette en question la qualité du lien entre nous. Le soir quand je suis complètement crevée, je n’attends pas la dernière minute pour lui dire. Beaucoup de communication m’a permis de gérer mieux les choses dans mon couple. »
A l’arrivée de la ménopause, il est donc important de repenser son quotidien, son couple mais aussi sa sexualité. « Il faut sortir du prisme « sexualité = rapport sexuel pénétratif » et plutôt penser « érotisme », penser « plaisir », détaille Céline Vendé, sexologue. « Se poser la question : quel sens je donne à la sexualité et quelle place je souhaite accorder à la sexualité dans ma vie ? »
La ménopause, c’est loin d’être la fin de la sexualité. On conseille de prendre son temps, s’adapter et qui sait peut-être se redécouvrir et ouvrir une nouvelle page de sa vie intime.
Par Leslie MEURAILLON